04 juillet 2007
Bonjour et bienvenue
La profession "Hôte de caisse" ou tout simplement "Caissier" est assez difficile dans la mesure ou les gens nous prennent souvent pour de la merde (n'ayons pas peur des mots).
Cela fait maintenant cinq ans que je passe mes été à travailler en tant que caissier dans un supermarché en Bretagne et que je remarque que, quand les gens font leurs courses, ils montrent souvent leurs pires aspects: ils se croient tout permis, manquent de respect à tout le monde, ne sont pas capables de patienter trois minutes et râlent pour tout et n'importe quoi....
Comme je reprends le travail lundi prochain (pour la saison 2007), j'ai décidé que cette année, je vais partager mes aventures avec les internautes car franchement, si on laisse le côté triste de touts ces comportements, c'est vraiment à hurler de rire. Peut-être que certains d'entre vous se reconnaîtront et avec un peu de chance, apprendront à mieux se tenir en société.
Et oui, même si on essaye de sourire le plus possible, on n'en pense pas moins.
Pour garder un minimum d'anonymat, j'appellerai le supermarché Sbam (Sourir, Bonjour, Au revoir, Merci...notre devise).
Sachez tout de même que j'ai d'autres ambitions pour mon avenir...mais j'ai un profond respect pour mes superieurs et pour mes collèges. Ce sont ces personnes qui me donnent envie de me lever le matin pour aller au taf.
09 juillet 2007
Reprise du boulot
Et bien ca y'est, j'ai repris le taf chez Sbam ce matin. Autant dire que ça à été dur de se lever car j'étais habitué à vivre la nuit. Mais bon: un café, une clope et ensuite j'ai réussi à afficher un faux sourire sur ma tronche livide.
Meme si ca fait des années que je bosse là-bas l'été, ca ne ma pas empêché de tout oublier. Du coups, je bossait complètement au radar, ce qui n'avait pas l'air de déranger les gens. Mais bon...les habitudes sont vite revenues. Les clients n'ont pas été très désagréable, j'ai du avoir à faire à seulement deux trouducs (ce qui n'est rien par rapport à une journée normale).Pourtant, quand il fait un temps de merde, les gens ont tendance à blâmer le caissier ou la caissière.
Cependant, une cliente à été un peu lourde ce matin, elle disait que je m'étais trompé car elle en avait pour trop cher...en même temps son cadie était plein de produits de marque. Il suffisait qu'elle fasse attention en faisant ses courses au lieu de me faire chier.
Donc bilan; le retour chez Sbam c'est bien passé mais je n'ai pas eu de clients assez chiant pour raconter des histoires palpitantes...mais je ne m'inquiète pas, il y'en aura surement beaucoup avant la fin de la semaine. Demain repos, super! Y'a rien de pire que d'être en congé un mardi, éspérons que la semaine ca sera un autre jour (genre le jeudi...c'est bien le jeudi).
12 juillet 2007
Deuxième jour...
Mercredi, 14h30, je reprend le boulot. Je rend grâce au ciel d'avoir pu rester dormir ce matin étant donné que j'ai fait une sortie légèrement tardive la veille.
Donc j'arrive au boulot cinq minutes en retard (je ne me rappelais plus où j'avais garé ma bagnole) fatigué à cause de mes quatre heures de sommeil et bien-sûr, la geule de bois. Je dis bonjour à ma chef, prend ma caisse, vérifie le planning et "CRAAAAAAAAAAP" je me retrouve en caisse rapide. La caisse rapide ca peut être sympa, mais pour le coup pas trop. En effet, avec mes troubles de l'attention dues au vin et à la bière, j'avais un peu peur de faires des conneries, sans oublier mon incompétences avec l'écran tactile de celle-ci et mon manque de monnaie.... Malgré tout cela, j'ai géré la crise.
Comme lundi, je n'ai pas trop eu d'emmerdeurs mais bon, quand un client se pointe et que je lui dit "Bonjour" avec mon faux sourire et qu'il me répond "Un sac", ça m'énerve un peu. Un peu plus tard dans la journée, une charmante petite anglaise déboule à ma caisse avec du Rimmel à 7€ mais ne possède dans ses poches que 0,50 centimes...pas de bol, j'appelle ma chef pour qu'elle vienne annuler le produit mais non, son téléphone bug et, après un quart d'heure de stress (caisse bloquée, gens qui râlent), mon adorable sous-chef abandonne son poste à l'accueil pour me sauver la mise.
Mais la journée à été assez calme tout de même, en plus j'ai eu le droit d'avoir des collègues en binome (ce qui m'est souvent refusé étant donné ma capacité à me lier d'amitié avec les gens sans pour autant être capable d'arrêter de causer). Demain, la suite et, je ne sais pas par quel miracle, j'ai encore ma matinée....
Les soldes réveillent le monstre qui est en nous
Gast! Nous sommes le 12 juillet et le temps est de plus en plus merdique ici, aujourd'hui, le brouillard nous donnait l'impression de vivre dans une ville fantôme. En allant boire un café ce matin, avant de reprendre le taf, je voyais les gens errer comme des âmes en peine avec leur pieds qui traînaient et leur têtes baissée.
Evidemment, arrivés au supermarket, ils devenaient rarement joyeux...pourtant, j'ai fait quelques conneries au boulot...mais les gens sont restés sympas. Par exemple, une bonne femme avait dans ses courses un article dont le code-barre n'était pas enregistré. Pas de bol, c'était l'heure de pointe au magasin et personne ne répondait au téléphone. Au bout d'un quart d'heure, la cliente va elle même chercher le prix en rayon, c'était très sympa de sa part (en plus elle est restée agréable).
Par contre, en fin de journée, un groupe de 4 nanas est venu acheter quelques sous-vêtements en solde et elles ont été super chiantes. Une des deux vieilles me dit: "on ne comprend pas les prix, en rayon ils mettent 50%", donc je lui répond "oui, mais c'est le prix indiqué sur les étiquettes oranges qui est définitif madamme". Une des plus jeunes réplique alors: "selon la loi, il faut marquer l'ancien prix aussi, si la répression des fraudes passe, vous êtes dans la merde". Donc, en gardant mon faux-sourire je lui dit que je ne savais pas, elle m'a alors répondu d'un air hautain, grotesque et désagréable: "MAIS SIII, JE BOSSE LA DEDANS? JE SAIS CE QUE JE DIT...." Quelle conne, si je lui dit que je ne sais pas c'est juste parceque c'est le cas, pas besoin de geuler... Comme si ca ne suffisait pas, deux de leurs articles ne possédaient pas d'étiquette orange. Le dramme, elle me disent qu'ils étaient avec les autres (elles ressemblaient à des dindes hystériques à ce moment la). Pour éviter la crise, j'appelle une collègue qui lui explique que ce sont les clients qui les mettent n'importent tout...mais rien à faire, les dindes restent geuler en reparlant des fraudes (moi je reste sourire comme un con en me disant que dans certains pays, le prix d'un soutif leur permet de manger quelques jours et que je trouve cela bien plus grave qu'une putain d'étiquette orange)....
Après leur départ, la cliente suivante me regarde d'un air désolé, je lui dis alors:"j'attends qu'elle soient loin pour soupirer sinon elle vont aussi porter plainte contre moi". C'est quand-même agréable de pouvoir en balancer sur les casse-burnes avec les clients sympas...merci à vous.
16 juillet 2007
Lundi
Comme la plupart des gens que je connais, je déteste le lundi... Comme un don du ciel, j'ai eu ma matinée, ce qui m'a permit de dormir énormément et de récupérer de mon week-end chargé en émotions et en bibine. Mais bon, un lundi est un lundi et celui-ci s'est avéré être LE lundi durant lequel je passerai ma "journée" en caisse rapide.
Dans un premier temps, il n'y avait personne et je me faisait bien chier. Ensuite le grand rush et je me suis complètement crevé à la tache et mon pauvre dos de 24 ans a pris cher. Mais la journée à été assez classique, juste une chieuse qui ne comprenait pas pourquoi elle n'avait pas le privilège de passer devant les gens qui avaient 7 ou 8 articles alors qu'elle n'en avait que 2.
Petite remarque également; d'aussi loin que je m'en souvienne, ma mère m'a apprit à dire bonjour au gens. Peut-être suis-je un cas à part mais il me semblerait intéressant que les gens me réponde quand je leur dis "BONJOUR". Je ne pense pas que des réponses telles que "Un sac", "Deux baguettes", 'J'ai ma carte", "mes bons de réductions" ou le silence soient très appropriées...
19 juillet 2007
C'est la (dé)fête
J'ai eu un petit oubli pour la journée de samedi dernier. Comme nous étions le 14 juillet et que les festivités étaient présentes la veille...et bien je suis rentré tard et bourré. J'ai beau avoir commencé tard samedi (12h), j'avais tout de même les yeux en couilles de loup et un mal de crâne abominable. Il faut savoir que quant on est en caisse, la geule de bois se révèle relativement fatale, les minute paraissent être des heures et sourir devient un sport fatiguant. Heuresement pour moi ce jour là, il y avait très peu de clients et, alors que je m'apprétais à partir manger, ma chef m'a dit: "tu peux compter ta caisse, je te donne ton après-midi"
Merci pour ce miracle chef! Grace à cela, j'ai pu faire une bonne sieste avant de repartir me prendre une murge (bah oui, pas de travail le dimanche et il faut bien profité de l'"été").
Semaine calme, je change de job pour deux jours
La semaine est vraiment calme, je suppose que c'est à cause du temps de merde qui reigne sur la Bretagne depuis un mois. Les touristes se font rares et les gens sont de plus en plus déprimés, moi avec. Pourtant, ils restent tout de même aimables, même quant il y a beaucoup d'attente, mais je ne perd pas espoir car août arrive à grand pas et il faut savoir que août est le mois de Satan, les touristes sont exécrables à un point que personne ne peut imaginer s'il n'y est pas confronté.
Je me rappelle que parfois on me disait que c'était lamentable de fermer le magasin à 20h alors qu'à Paris, il y'a du nocturne. A cela j'ai souvent envie de répondre "Et bien restez à Paris" mais je me contente en général de soupirer ou de dire "désolé d'avoir une vie après le travail" ou encore "ici on est en Bretagne et les gens ne sont pas accroc au courses au point d'aller les faire la nuit".
Hier, mercredi j'ai eu une grosse journée (ouverture/fermeture avec 2 heures de pause). Le matin à été raide car j'ai pas eu de grasse matinée mais l'après-midi, après deux verres de blanc, j'avais un peu plus la pêche. Comme il n'y avait personne, ma chef m'a fait faire les pauses des filles et m'a envoyé au rayon "fruits et légumes" car je vais devoir les aider jeudi et vendredi. Je suis content de lâcher un peu ma caisse même si je sais que je vais en chier et que mon dos va encore ramasser. Ça sera l'occasion de découvrir l'attitude des gens dans ce rayon...
Je pense qu'il y aura encore de quoi raconter pour définir un peu plus l'enfer du microcosme supermarchéen.
20 juillet 2007
Fruits et légumes, la première
Aujourd'hui, comme prévu, j'ai été expédié au rayon "fruits et légumes" pour remplacer un de mes collègues qui s'est flingué le dos.
Globalement, le boulot est sympa. Ça me change de la caisse et mes collègues et supérieures sont adorables et marrantes. Le temps passe vite étant donné que je ne reste jamais les bras croisés. Enfin, le fait qu'il y ait peu de contact avec les clients est appréciable (après quelques années de caisse).
POURTANT, je suis tombé sur le pire type de clients que l'on puisse connaître. Il sort rarement, à le teint terne, fait chier tout le monde et se vante de connaître le patron (et ici, tout le monde connaît le patron, c'est une petite ville). Il a eu beaucoup de noms à travers les siècles mais moi, je l'appelle tout simplement: "Le Connard".
Ainsi, peu avant ma pause de midi, je mettait des dizaines d'oranges en rayon quand l'une d'entre-elles s'est échappée de mes mes mains et a fait une chute vertigineuse de 10 centimètres pour rejoindre ses copines. C'est a ce moment que le connard me regarde et me lance "jette pas les fruits". Comme j'ai fait semblant de ne rien avoir entendu, il a répété sa phrase. Ça m'a un peu énervé car je n'ai pas jeté cette foutue orange et il m'a tutoyé alors que nous n'avons pas élevé les autruches ensembles. Mais j'ai pris sur moi et lui ai dit très calmement que je ne l'avais pas fait délibérément. Alors là, cet enfoiré me regarde de haut: "Tu t'énerve pas sinon j'en parle à tes supérieurs". Je reste stoïc et lui répond poliment "mais je ne m'énerve pas monsieur"...Et c'est là qu'il m'a vraiment énervé en me lançant un "tu te calme sinon c'est moi qui vais te calmer". Je me suis contenté de tourner le regard et continuer ce pourquoi je suis payé en chantonnant.
Parfois il vaut mieux ignorer les gens de ce genre que de répliquer. Ils n'en valent pas la peine. Pour autant, le lui aurais bien balancer une pastèque dans ça tronche de pourri. La prochaine fois qu'il me fait des menaces à la con, il verra que moi aussi je peux être très chiant.
25 juillet 2007
Histoires en vrac
Au boulot, quand je sais que je ferme bientôt, je change ma lumière blanche en lumière rouge pour prévenir les clients que ce n'est pas la peine qu'ils viennent à ma caisse. L'autre jour un petit garçon de 6 ans m'a expliqué comment ça marchait. J'ai trouvé ça mignon. Ce qui est moins mignon, c'est que les adultes comprennent rarement ce concept relativement simple et râlent quand je leur dit: "excusez moi, je ferme". Hier, je passais dire bonjour à une copine à sa caisse (lumière rouge). Je l'ai vu prévenir une dame que c'était fermé et elle a été désagréable avec elle en lui disant: "vous attendez que je pose mes (4) articles avant de me le dire?". Ma collègue a répondu: "oui mais c'est rouge!"...tout simplement. La nana c'est barrée en boudant. Ça m'a fait rire.
Hier encore. Je suis parti en pause en fin de journée. Pas de bol, une caissière avait besoin de quelqu'un des fruits à ce moment. En descendant de la salle de pause, la chef des caisses m'a demandé de filer à la caisse en question car ça faisait un moment qu'on m'appelait. A la tronche de ma collègue j'ai compris que la cliente n'était pas super sympa. En fait, cette imbécile n'avait pas pesé son citron en rayon et n'a sans doute pas voulu y retourner. Je l'ai fait pour elle, ça m'a pris 30 secondes. Sérieux, elle n'était pas obliger de faire attendre les gens et faire chier la caissière pour un truc qu'elle aurait pu faire elle-même.
Ce matin, un petit vieux est venu me voir alors que je rangeais mes nectarines blanches pour me dire qu'une pêche de sa caisse était abimée. Elle était effectivement foutue alors je lui ai dit d'en prendre une autre. C'est alors que cette personne étrange en a pris plusieurs et est allée les peser. Il est revenu me voir en disant qu'elles faisaient toutes 140 et 145 grammes alors que la sienne en faisait 150. Pas mal hein? C'est parfois dur de se retenir de rire.
31 juillet 2007
Fruits and Veg...
Comme en témoigne le peu d'article que j'ai écrit récemment, la vie en rayon n'est pas aussi exécrable que la vie en caisse...du coup je n'ai pas beaucoup d'anecdotes. Mais, patience! Je retourne probablement en caisse lundi prochain (beurk, j'aime ni la caisse, ni les lundis).
En général, quand les gens me font chier, c'est pour me dire que les fruits dont trop durs ou trop froids. En même temps, si c'était pas le cas, on vendrait des fruits pourris et on aurait beaucoup de perte. Hier, une mamie me faisait chier parceque les nectarines (brugnons) étaient trop jeunes. Je lui ai dit qu'il mûriraient chez elles...cette conne m'a traité de menteur. Et oui! Les fruits continuent à mûrir même quant ils ne sont plus sur l'arbre.
Sinon, pas trop de chieurs...mais on arrive au mois d'août. Il faut savoir que les aoûtiens sont connus pour être spécialement désagréables...j'aurais donc beaucoup se choses à raconter la semaine prochaine.

